Le groupe de blues blanc le plus laid de toute la californie

07/50
52’30’’

Au Action, Frank Zappa a l’habitude de voir Waren Beaty, et toute une clique de têtes à claques bien moins talentueuses. Aussi, assis sur son escalier, il n’est pas surpris de voir débouler ce soir-là, le Duke en personne, j’ai nommé John Wayne, lui-même.

Citation : « en 1965, les trois seuls clubs fréquentés par des agents de compagnies de disques appartenaient tous à la même organisation ethnique »

LE REQUIN BARJOT V3 N°07 - 52’30’’

Si pendant les années 1964-65, Frank Zappa rencontre un tas de gugusses tous aussi timbrés que parfaitement inconnus, il va aussi avoir à se frotter à des personnages aux patronymes bien plus célèbres.

Le soir d’halloween 65, les Mothers jouent au Action (un des trois vrais clubs de Los Angeles), et pendant la pause précédant le dernier set, Frank Zappa est assis sur les marches du club, possiblement la clope au bec, et vétu d’un costume de scène qu’il convient ici de détailler.

Il porte un pantalon de travail kaki, par-dessus un costume de bain de 1890, n’a pas de chaussures et s’est coiffé d’un homburg, un chapeau de feutre qui tient son nom de la ville d’Hambourg, aux bords légèrement roulés, que Frank Zappa porte avec le fond bien tassé vers le haut, et ce dernier détail n’est pas anodin, oh que non, pour ce qui va suivre.

Il n’est pas rare, au Action, au Trip ou encore au Whisky a go-go, de compter parmi la clientèle quelque célébrité du show-biz. Au Action, Frank Zappa a l’habitude de voir Waren Beaty, et toute une clique de têtes à claques bien moins talentueuses. Aussi, assis sur son escalier, il n’est pas surpris de voir débouler ce soir-là, le Duke en personne, j’ai nommé John Wayne, lui-même.

(...)

Lettre de la Cie Financière Laurentide à Frank Zappa, datée de mars 66 : « Dites-nous où sont ces percussions (...) nous voulons les récupérer (...). Nous appellerons la MGM, nous sommes une entreprise de plusieurs millions de $, et nous avons les moyens de vous dévaster »

Après avoir été découverts par Tom Wilson, de la MGM, c’est de novembre 1965 à janvier 1966, que les Mothers vont enregistrer leur premier album, Freak Out !, sous la surveillance de Jesse Kaye, un cadre de la Metro qui fera les cent pas durant les sessions, en veillant à ce qu’ils ne dépassent pas les trois heures forfaitaires.

Et, durant les mois qui ont précédé novembre 65, Frank Zappa et Tom Wilson ont discuté de la composition du futur vinyle.

Il est trois heures de l’après-midi quand les Mothers franchissent pour la première fois les portes du studio TTG Recorders, sur Sunset Boulevard, Highland avenue.

(...)

Citation : « Je pense qu’une des raisons de la mauvaise santé mentale des États-Unis est que les gens ont été élevés sur des chansons d’amour. »

Au moment où Freak Out ! est mixé puis pressé, nous sommes bien loin de l’idée répandue d’un album tournant autour d’un ou deux tubes, avec beaucoup de remplissage. Frank Zappa a travaillé tellement vite qu’au terme de l’enregistrement, Tom Wilson n’aura dépensé que 21 des 30.000$ qui étaient alloués à l’album. De plus, il y a plus de matière qu’il n’en faut pour faire un album, et Frank Zappa va proposer à la MGM de faire un double-album moyennant un pourcentage de sa part pour la publication. C’est exactement ce que va faire la MGM, sortir un double-album de ce groupe pratiquement inconnu. Ce sera le premier double-33t de l’histoire du rock.

Mais au dernier moment, se pose un nouveau problème, les gens de la production décident que le nom du groupe ne va pas du tout - comme si c’était leur nom qui allait poser problème… C’est donc au dernier moment, par la force de choses, que les Mothers sont rebaptisés Mothers of Invention, les Mères de l’invention.

(...)

titre album durée
Why don’t you do me right Absolutely Free 2’37’’
America drinks Absolutely Free 1’53’’
America drinks and goes home Absolutely Free 2’46’’
I Ain’t Got No Heart Freak Out ! 2’30’’
Return of the son of monster magnet (extrait) Freak Out ! 3’00’’
Motherly love Freak Out ! 2’45’’’
Tinseltown rebellion Tinseltown Rebellion 4’35’’

 

P.-S.

Bibliographie : 

- The Real Frank Zappa Book, de Frank Zappa et Peter Ochiogrosso, Poseidon Press 1989 ; 
- Frank Zappa a Visual Documentary, ainsi que Frank Zappa In his Own Words, par Miles, Omnibus Press 1993 ; 
- Zappa Electric Don Quixote, par Neil Slaven, Omnibus Press 1996 ; 
- Frank Zappa Companion, de Richard Kostelanetz, Omnibus Press, 1997 
- Corrected Copy, Hambourg 1977

Remerciements : Bruno Degaille, Bruno Méria.

liens : 
- http://www.zappa.com/ 
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Frank_Zappa 
- http://nasalretentive.free.fr/ (incontournable) 
- St. Alphonzo’s Pancake Homepage (incontournable) 
- http://www.djouls.com/frankzappa/ (discographie commentée en Français) 
- Le Castor Astral (quelques ouvrages à lire)